Uli Jon Roth @ les Katacombes, 08.03.2017

Uli Jon Roth, surnommé le Jimi Hendrix allemand, rejoint en 1972 un groupe qui a un album à son actif. Ce groupe plutôt inconnu se nomme The Scorpions. S’ensuivra une série de 4 albums et de tournées dont une dernière pour lui au Japon en 1978. De cette série de spectacles au Japon sera tiré un album mythique pour tous les amateurs de rock et du groupe Scorpions, Tokyo Tapes.

Mythique pour la performance du groupe qui donne une nouvelle dimension aux chansons des 4 derniers albums, mais aussi mythique pour tous les guitaristes, parce que le jeu de guitare de Uli Jon Roth demeure sur cet album à ce jour un classique.

En effet, on ne compte plus les mentions d’une panoplie de guitaristes connus, mentionnant l’influence de Uli Jon Roth et de cet album. C’est une revisite que Uli Jon Roth nous invitait à vivre avec lui, le mercredi 8 mars au Katacombes de Montréal avec son spectacle Tokyo tapes revisited.

Après une interminable série d’ajustements techniques pour les 4 groupes présents ce soir-là, ce qui à mon humble avis est beaucoup trop, nous avons pu assister au départ de cette expérience musicale. Dès les premières notes de All night long, nous sommes replongés à cette époque où il n’y avait que la musique et très peu d’images pour nourrir notre imaginaire. Le tout est bien ficelé, les frissons sont au rendez-vous et il ne manque que l’entrée du chanteur pour valider si la soirée sera bonne ou pas.

Quelle entrée magistrale. Un chanteur avec des capacités vocales et une justesse qui rend l’expérience encore plus fantastique. Par-dessus le marché il occupe le poste de bassiste, ce qui n’affaiblit pas du tout la section rythmique qui est solide, ce qui donne le ton à la soirée. Maintenant revenons au magicien lui-même, Monsieur Uli John Roth qui nous a enchantés toute la soirée avec son aisance à la guitare à nous faire passer à différentes dynamiques, techniques, textures sonores, envolées de solos chantant et performant, grâce à sa magie et à un instrument spécialement conçu pour lui, la Sky guitare fabriquée par la compagnie Dean vendue au minime cout de 12 000,00 $.

Ce spectacle était constitué de chansons de l’album Tokyo tapes, de quelques chansons de ses albums solo, de reprises et d’un classique des Scorpions; The sails of Charon qui est selon moi le moment le plus fort du spectacle. Une soirée qui m’a enchanté et les fans sur place, trop peu nombreux selon moi. Il est clair pour moi que malgré un spectacle qui livre la plupart de ses promesses, l’attente avant de s’y rendre avec le nombre de groupes et les ajustements techniques trop longs ont rendu l’expérience pénible. J’aurais aimé entendre un peu plus de classiques de l’album Tokyo tapes, car selon moi il y avait de grands absents pour rendre ce moment encore plus magique, mais le spectacle était musicalement parfait.

Un seul moment embarrassant est lorsque le chanteur a saisi une guitare acoustique. Il possède la dextérité pour en jouer, c’est certain, mais le problème est que celle-ci n’avait pas l’air accordée, car toute la performance de duel de guitare avec ce dernier et Uli a été fausse, ce qui a d’ailleurs beaucoup amusé le batteur. Effectivement on prend cela avec un grain de sel, car le reste est sans tache. Donc un spectacle à revoir pour moi, si j’en ai la chance.

La soirée nous m’a fait connaitre trois groupes de Montréal:
* Heaven’s cry
* Potion 13 (rock francophone)
* Arapacis

Texte: Erik Simard

Photos: Manon Tremblay