Avec quatorze (!) albums à leur actif, Dream Theater est comme qui dirait, un monstre dans le milieu du métal progressif.

Véritables bêtes de scène, ils ont offert au public montréalais une prestation époustouflante, empreinte d’énergie et de partage. Amateurs, s’abstenir!

20 h les métalleux de tout âge trépignent d’impatience, mains en l’air, prêts à bondir.

Lorsque les lumières s’éteignent enfin, la foule est d’emblée transportée dans un autre monde. Tout a été pensé minutieusement: l’imposante batterie trônant fièrement au milieu de la scène, entourée d’escaliers, derrière lesquels se trouve un écran géant, présentation visuelle oblige. En jouant dans une salle propice à offrir une belle acoustique, le premier morceau nous arrive comme une claque dans la figure. qui finalement s’avère être aussi doux qu’une caresse.

Sorti il y a de cela seulement quelques semaines, Distance over Time (leur quatorzième album!) fait acte de première partie, avec des morceaux tels que Unthethered Angel, Fall Into The Light ou encore Barstool Warrior. James LaBrie est en forme, souriant, présent et puissant lors de ses performances vocales, absent lors des solos instrumentaux, permettant ainsi aux autres membres du groupe d’avoir leur heure de gloire, eux aussi.

Comme une pièce de théâtre, mais en bien plus mouvementée, l’acte 2 est la réplique exacte du cinquième album du groupe, Metropolis Part 2: Scenes From a Memory, sorti 20 ans plus tôt.

Une histoire assez complexe se dessine sur l’écran, entre rivalité amoureuse, histoire de drogues et de meurtre scindée par des riffs de guitare bruts, notamment sur The Dance Of Eternity. Toute la palette des émotions y passe de la douceur de Regression à la fougue de  Fatal Tragedy en passant par Home, petit bijou de solos instrumentaux (mais pas que), les changements de rythme sont fréquents: de quoi s’immerger dans leur monde, au point d’en perdre le fil du temps.

L’histoire touche à sa fin (après quand même plus de 2 h de show); le groupe s’éclipse sous les applaudissements tonitruants du public pour revenir, tout sourire, terminer la soirée avec Pull Me Under.

Musicalement parlant, on frôle le génie. La technique et la précision de leur musique et de leurs prestations scéniques font d’eux des oiseaux rares.

Dream Theater est une machine très complexe. Ceux qui ont réussi à percer le secret de leur musique si pointue et si singulière sont probablement ceux qui savent l’apprécier à sa plus  juste valeur.

 

SETLIST

 

Act 1

Unthethered Angel

A Nightmare To Remember

Fall Into The Light

Barstool Warrior

In The Presence of Enemies, Part I

Pale Blue Dot

 

Act 2 – Metropolis Pt, 2 – Scenes From A Memory

Regression

Overture 1928

Strange Déjà Vu

Through My Words

Fatal Tragedy

Beyond This Life

Through Her Eyes

Home

The Dance Of Eternity0

One Last Time

The Spirit Carries On

Finally Free

RAPPEL

Pull Me under

Photos: Patrick Savard