Flogging Molly @ le Métropolis, 28.05.2017

Il y a de ces shows qui sont devenus une tradition qu’on ne veut pas manquer à chaque fois. Comme si c’était plus une fête ou une réunion bisannuelle qu’on a toujours hâte d’assister. C’est un peu ça une visite de Flogging Molly à Montréal. Que le nouvel album nous laisse un peu sur notre faim comme Speed of Darkness  en 2011 ou que l’on sente un retour aux sources plus traditionnel comme sur les 6 singles déjà sortis de l’album Life is Good à paraitre le 2 juin prochain, on est au rendez-vous et l’on est sûr de s’amuser solide. Pour nous faire patienter jusqu’à ce que la fête commence et pour bien réchauffer la salle, ce sont deux chanteurs/guitaristes que le groupe californien a invités avec eux. Le premier, typiquement irlandais avec ses cheveux roux, sa barbe rousse, son petit béret et sa guitare acoustique, a fait réagir ceux qui était déjà présents. Dylan Walshe, bien assis sur chaise, a présenté au public plusieurs de ses compositions Folk ainsi que des chansons traditionnelles réinterprétées à sa façon. Totalement différent en look, The White Buffalo (Jake Smith de son vrai nom) s’est attiré le respect de la foule. Le colosse à la longue chevelure, la barbe drue et à la voix rauque, possède toute la prestance pour présenter son country rock et charmer son auditoire. Deux très belles entrées en matière.

Malgré tout, il ne faut pas se le cacher, c’est pour bouger en masse et danser que la grande majorité des spectateurs se sont entassés dans le Métropolis ce soir. Les principaux intéressés ne sont même pas encore embarqués sur les planches que la température dans la salle est déjà très élevée et plusieurs sont déjà tout en sueur. Cela n’empêchera pas le parterre d’exploser quand Flogging Molly débute avec The Hand of John L. Sullivan. Pendant quelques instants, je ne peux m’empêcher de trouver que le chanteur Dave King a pris un coup de vieux. Les cheveux et la barbe complètement blancs, un peu plus bedonnant et habillé d’une chemise rentrée dans des pantalons vert kaki, il fait un peu grand-père. Grand-père cool j’en conviens, mais grand-père quand même. Mais dès qu’il se met à bouger, cette impression est vite dissipée tant il s’agite et n’a en rien perdu sa fougue habituelle. Et la foule lui rend bien la pareille.

 Il faut déjà avoir assisté à un concert du groupe celtic punk pour bien saisir toute l’euphorie qui s’empare de l’endroit quand ils se produisissent. Ça thrash, ça danse, ça fait du «body surfing» et tout ça dans le plus pur bonheur, sans aucune envie de blesser l’autre. C’est tellement intense que déjà à Swagger, la deuxième chanson, nombre de personnes sortent du cyclone humain qu’est devenue le parterre pour reprendre leur souffle ou attacher correctement leurs chaussures pour être sûr de ne pas les perde. Et quoi de mieux que des chansons comme Drunken Lillabies et The Worst Day Since Yesterday, qui parlent de boire en grosse quantité et des lendemains qui viennent avec, pour que l’ambiance de fête ne descende pas d’un cran. Et la fête, elle n’est pas juste dans l’assistance, elle est sur le stage aussi. L’âge ne semble pas d’avoir d’effet sur ces musiciens et ils courent dans tous les sens comme s’ils avaient encore 20 ans.

C’est ça un show de Flogging Molly, un party festif et intense qui ne semble jamais vouloir finir. Je n’ai jamais rien connu de tel jusqu’ici et c’est sûrement la principale raison de la longévité de leur popularité. Fait intéressant, je les ai vus un nombre incalculable de fois et jamais je ne me rappelle avoir assisté à un de leur concert où ils n’interprétaient pas Devil’s Dance Floor. Cet hymne à la danse endiablé, qui en a fait bouger plus d’un sur la piste de danse des Fouf pendant toute la première décennie des années 2000, n’était pas de la partie ce soir. Un retrait qui semble n’avoir eu aucun effet négatif à voir tous les sourires dans la salle. Encore une fois une réussite absolue de la part de nos Irlandais américains préférés. Au plaisir d’être présent à la prochaine fête à laquelle ils nous convieront dans notre belle ville.

Texte: Sébastien Léonard

Photos: Martine Labonté