Après presque 10 années de groove, Blackvoid sort jeudi Ahi Viene La Migra, un EP abouti qui fourmille de trouvailles. L’énergie définitivement rock’n roll du quatuor prendra d’assaut la Casa Del Popolo pour une soirée qui sent déjà la sueur et le cactus.

Le premier single Keep It Up avait annoncé la couleur avec une maîtrise certaine et un vidéoclip très fun et assumé. La quasi décennie d’existence du groupe leur confère un son très homogène et une mise en place impressionnante où chacun apporte sa pierre à l’édifice sans surpasser les autres; une bonne grosse tonne de briques des familles qui suinte une énergie positive très communicative.

On retrouve dans ce joyeux mélange de rock’n roll funk du Queens Of The Stone Age et des guitares psychédéliques très fuzzees, un cocktail à descendre cul-sec dans le désert, entre une nostalgie sixties et l’héritage grunge de la fin des années 90.

L’apparente simplicité de Ahi Viene La Migra recèle en fin de compte d’idées sonores et d’arrangements pas forcément évidents sur ce genre de son. La section rythmique est de celles dont la solidité des grooves rappelle aussi bien les Red Hot du Frusciante gelé que Rage Against The Machine. L’ajout ponctuel de percussions plus ethniques et l’espagnol maternel du chant amènent une chaleur évidente.

La production très reconnaissable du Freq Shop pousse le son du groupe encore un peu plus dans le rouge. L’ensemble donne à Blackvoid une identité solide à défendre sur scène, ce qu’ils ont prouvé tout l’été durant leur Tortuga Tour.

On pourrait se dire peut-être que la composition pourrait gagner encore un peu en efficacité en coupant certaines longueurs pas si perceptibles. Mais en seulement 5 pièces, il est difficile pour un groupe d’étaler toutes ses capacités et sa profondeur. La Coda de Little Respect clôt ses 20 grosses minutes de rock musclé avec la sensation que ses 4 barbus méritent amplement le nôtre. À ne pas manquer jeudi à la Casa Del Popolo, accompagné de The Corsets.

https://www.facebook.com/events/855661717803512/

Texte: Marien Joly

A propos de l'auteur

Articles similaires