Ministry @ MTELUS, 15.04.2018

Ce qui s’annonçait pour moi comme une grande soirée s’est retrouvé à n’en être qu’une bonne. Même si j’aime Ministry depuis que je les ai connus dans les années 90, l’évènement de la soirée, et la principale raison pour laquelle j’ai acheté mon billet était la présence de Chelsea Wolfe. L’auteure, chanteuse et interprète américaine a réussi à me séduire récemment avec la tangente vers la musique métal qu’elle emprunte depuis quelques années. Une amie m’a fait découvrir son plus ancien matériel et je suis tombé sous le charme. Quelle fut donc ma déception d’apprendre qu’un problème d’autobus a empêché elle et son groupe de se rendre ici ce soir. Si certains prenaient un plaisir malsain à affirmer sur le net que son absence n’était pas une grande perte, la consternation était grande chez les fans. Au plaisir de la revoir en tête d’affiche bientôt.

Un show très politisé à la sauce métal industriel

Malgré cela, le MTelus est relativement plein et l’ambiance électrique est palpable dès les premières notes de I Know Words et prend vraiment sont élan avec Twilight Zone. Le ton est lancé et le nouvel album prendra une grande place pendant la première partie du spectacle. Si la haine envers Georges W. Bush avait servi d’inspiration dans la composition des albums House Of The Molé et Rio Grande Blood, nous ne sommes pas surpris que la sortie d’AmeriKKKant ait été motivée par Donald Trump avec sa stupidité et son étroitesse d’esprit sans limites. Justement, chaque côté de la scène est orné par un poulet gonflé géant qui a des airs du président et un signe anti-nazi sur la poitrine. Le côté politique est renforcé par des images percutantes sur l’écran géant derrière la scène, qui ne laissent aucun doute sur le message véhiculé. Et rien de mieux pour rester dans le thème que trois chansons de l’album Rio Grande Blood insérées dans le milieu de cette lancée de nouveaux titres dont Señor Peligro qui est une de favorite de la foule. Si le groupe a indéniablement un message à passer, il n’en reste pas moins que le chanteur et fondateur Al Jourgensen est peu loquace et préfère laisser la musique parler. À part nous souhaiter la bienvenue, il se contentera de nous présenter le chanteur de Fear Factory Burton C. Bell qui vient l’appuyer sur Victims Of The Clown, We’re Tired Of It et Wargasm et qui donne vraiment un plus à la performance. Si ça ne bouge pas trop sur scène, les musiciens sont solides et les pièces sont exemplairement bien interprétées sans compter qu’Al ne fait pas ses 59 ans et reste un très bon frontman. L’on accompagne ça d’un très bon son et l’on peut déjà dire que nous avons droit à un bon show.

Une fin avec les classiques pour faire vibrer la foule

Malgré tout, il faut savoir apprécier la très grande qualité des deux albums surreprésentés pendant tout ce début de la prestation pour pleinement prendre son pied. Sachant évidemment cela, le chanteur s’excuse sur le bout des lèvres et annonce (après 10 chansons) que s’en est fini des délires politiques pour ce soir, juste avant l’interprétation d’un de leur plus gros single Just One Fix. L’euphorie s’empare alors de la salle au point où l’on se rend compte à quel point plusieurs personnes présentes sont là uniquement pour les vieux classiques. Ça danse, ça saute et ça fait même du «bodysurfing» et ce n’est pas N.W.O. qui va faire ralentir la cadence. L’incursion dans l’univers de The Mind Is A Terrible Thing To Taste avec Thieves et So What est la fin grandiose dont on avait besoin à tel point que même s’il n’y a que Bad Blood en rappel, notre soirée était déjà bien comblée.

Texte: Sébastien Léonard

Photos: Helene Dickey

 Liste des chansons:

I Know Words

Twilight Zone

Victims of a Clown (with Burton C. Bell)

Punch in the Face

Señor Peligro

LiesLiesLies

Rio Grande Blood

We’re Tired of It (with Burton C. Bell)

Wargasm (with Burton C. Bell)

Antifa

Just One Fix

N.W.O.

Thieves

So What

Encore:

Bad Blood