MC5 @ Théâtre Corona, 18.09.2018

Personne ne savait trop à quoi s’attendre. Ce que nous verrions était parsemé d’un brin de mystère. Chose sûre, Wayne Kramer allait monter sur scène, celui du White Panthers Party, mais surtout celui des MC5. Le 50e anniversaire d’une longue carrière ayant marqué les légendes et l’histoire. Ceux qui à Détroit, avec Iggy Pop, ont enclenché la mutation du Rock-Psychédélique au Punk-Rock.

LES PREMIÈRES PARTIES

En ouverture le quatuor montréalais Sick Thing allait nous replonger dans l’univers de la bande sonore de Dazed and Confused. Le groupe, émule de Steppenwolf sans les refrains ultras accrocheurs, propose une musique hard rock 70’s merveilleusement bien interprétées, mais ma foi très peu originale. La prestance scénique et l’assurance des musiciens sont bien réelles malgré la salle complètement vide qui se trouve devant eux. Difficile de bien performer dans ces conditions, mais le groupe ne s’en est pas laissé imposer.

Les Breastfeeders allaient suivre avec leur son si caractéristique et tout à fait de circonstance pouvant être qualifié de Punk-Yeye. Le groupe était époustouflant et foudroyant comme à son habitude et le public, beaucoup plus nombreux qu’en début de soirée, leur a bien rendu.

LE CLOU

Alors que le super groupe monte sur scène sous une pluie d’applaudissements et un discours révolutionnaire, chacun réalise la chance qu’il a d’y apercevoir des musiciens presque aussi grands que celui que nous sommes venus voir; le guitariste de Soundgarden, le batteur de Fugazi, le bassiste de Faith No More et le chanteur de Zen Guerilla. Les meilleurs musiciens de la scène américaine du début des années 90 ont accompagné Wayne Kramer dans un retour en arrière politique et musical avec respect et brio pour célébrer les artistes et activistes (les «artivistes») disparus. La première pièce du spectacle sera chantée par Wayne Kramer lui-même, ce sera toutefois la seule. Cette légère déception n’en fut pas réellement une, car Marcus Durant a sans contredit été magistral. Tout en gardant sa personnalité, sa performance se rapprochait effectivement d’une imitation du chanteur original Rob Tyner à ses vingt ans dans ses mouvements et son timbre de voix. Le méga succès Kick out the jams a été interprété en tout début de soirée, ce qui a mon sens a peut-être été une erreur, mais outre ces peccadilles de critiqueux de spectacle, la soirée s’est déroulée devant un public honoré d’assister à une telle rencontre aussi harmonieuse entre musiciens.

Texte: David Atman