Me First and the Gimme Gimmes @ Club Soda, 16.04.2017

«Our next song is a cover». Saviez-vous que Me First and the Gimme Gimmes est un band de covers? S’il y a bien une phrase qui résume bien la soirée tant le chanteur nous l’a répété souvent, c’est bien celle-là. Et des reprises, nous allions en entendre en masse. Mais chaque chose en son temps. Avant que ce cirque ne commence, nous avions droit à la prestation du groupe punk de La Nouvelle-Orléans Pears qui a réchauffé le Club Soda de son punk hardcore et mélodique à la fois. Le chanteur Zach Quinn est une bête de scène qui sait enflammer une foule et il n’a pas déçu ce soir. La table était mise pour la suite.

Il n’y a pas à dire, le groupe ontarien The Creepshow jouit d’un capital de sympathie important au Québec. Je les ai vus mainte fois, surtout à leur début, et chaque fois le public d’ici les attend de pied ferme et c’est sûr que le party va pogner. Ce soir n’a pas fait exception. Je dois vous faire un mea culpa, c’est la première fois que je les vois avec Kenda «Twisted» Legaspi comme chanteuse, même si elle officie depuis 2012, et j’ai grandement apprécié. Tout comme sa prédécesseure, elle ne manque pas de charisme et sait comment prendre le contrôle d’un spectacle. Si elle a l’air toute petite derrière sa guitare, il n’en est rien quand elle prend le lead au micro. Que ce soit sur des vieux morceaux comme Zombies Ate Her Brain ou The Devil’s Son de leur plus récent disque, sa voix rauque et sensuelle fait mouche. Il ne faut pas passer le reste du groupe sous silence tant ils bougent sur scène et qu’ils ne sont pas à une blague près. Plus de 45 minutes de pur plaisir.

En voilà fini ce soir pour les compositions originales. Pour la suite, ce ne sera que des reprises, juste des reprises et encore des reprises. Me First and the Gimme Gimmes n’est pas n’importe quel band de covers, c’est en fait un super groupe formé ce soir de de Spike Slawson (Swingin’ Utters) au chant, Joey Cape (Lagwagon) à la guitare, Dave Raun (Lagwagon) au drum, Scott Shiflett (Face To Face) à l’autre guitare et de Jay Bentley (Bad Religion) à la bass. Ils roulent leur bosse depuis plus de 20 ans et, du rock au country, de 1960 à aujourd’hui, en passant par le pop, le R & B et le western, tout y passe. Bien sûr, le but de l’exercice n’est pas trop de se prendre au sérieux et d’avoir du fun au max et c’est ce qu’ils prouvent une fois de plus ce soir. Tous vêtus de chemise rose, de pantalon blanc et de cravate dorée, ils donnent le ton avec Summertime. L’ambiance est à la fête et ça ne prend pas beaucoup de chansons avant que le thrash et le bodysurfing s’emparent du parterre. Sur scène, Spike est un vrai verbomoteur et n’arrête pas de parler entre chaque pièce. Comme si nous ne le savions pas déjà, il nous répètera sans cesse qu’ils sont un groupe de reprises ou que la prochaine chanson est une reprise, il s’excusera que Fat Mike (NOFX et membre fondateur) ne puisse être de la partie, car celui-ci est trop occupé à se baigner dans notre argent pour faire cette tournée ou nous fera un monologue sur les chanteurs gay avant l’interprétation de Rocket Man d’Elton John.

Si les blagues sont omniprésentes et les sourires sont au rendez-vous, on n’oublie pas que l’on a affaire à des musiciens d’expériences. Car malgré le côté punk du projet, la qualité et la précision de l’interprétation est bien là pour notre grand plaisir. Cela a pour effet de nous faire apprécier encore plus les chansons que nous connaissons (presque) tous par cœur. Jolene de Dolly Parton reste un moment mémorable, tout comme Straight Up de Paula Abdul. S’ils y sont allés de classique en classique depuis le début, ils gardent le meilleur pour la fin. Ils frappent fort au rappel avec All My Lovin, I Will Survive et Sweet Caroline. Qui ne connait pas ces classiques des Beatles, de Gloria Gaynor et de Neil Diamond. Et pour être sûr de nous laisser sur une note plus émotive, ils nous disent au revoir sur End of the Road de Boyz II Men. Ce show n’aura laissé personne indifférent et tout le monde finit par y trouver son compte dans le choix des chansons. Si ce n’est pas déjà le plus grand groupe de reprises au monde, c’est sans aucun doute le plus amusant.

Texte: Sébastien Léonard

Photos: Martine Labonté

Liste des chansons:
Summertime  (George Gershwin cover)
Me and Julio Down by the Schoolyard (Paul Simon cover)
Science Fiction/Double Feature (Richard O’Brien cover)
Leaving on a Jet Plane (John Denver cover)
(Ghost) Riders in the Sky (Stan Jones and his Death Valley Rangers cover)
Who Put the Bomp (in the Bomp, Bomp, Bomp) (Barry Mann cover)
Sloop John B ([traditional] cover)
Danny’s Song (Loggins & Messina cover)
Take Me Home, Country Roads (John Denver cover)
Jolene (Dolly Parton cover)
Crazy for You (Madonna cover)
I Believe I Can Fly (R. Kelly cover)
Mandy (Scott English cover)
Isn’t She Lovely (Stevie Wonder cover)
Over the Rainbow (Harold Arlen cover)
Rocket Man (I Think It’s Going to Be a Long, Long Time) (Elton John cover)
Straight Up (Paula Abdul cover)
Different Drum (Michael Nesmith cover)
You Only Live Twice (Nancy Sinatra cover)

Encore:
All My Loving (The Beatles cover)
I Will Survive (Gloria Gaynor cover)
Sweet Caroline (Neil Diamond cover)
End of the Road (Boyz II Men cover)