MØSI – La mise en scène volontaire de l’échec

La grandiloquence de la petitesse

Le duo MØSI, composé des deux frères Joly lançait à la fin 2017 leur troisième album, avec le titre le plus houellebecquien qui soit, «La mise en scène volontaire de l’échec». C’est entre deux continents que les Bretons d’origine parfaire leur art et leur plume. Composé à Montréal, enregistré à Rennes et mixé à Stockholm par le percussionniste du légendaire groupe Cult of Luna, Magnus Lindberg, ce troisième opus place le groupe dans la cour des grands et des vrais. C’est avec une vision large, une production aboutie et des compositions inspirées que le duo nous engloutit dans une musique survoltée aux sonorités Post-Métal et Progressive toujours excessivement nostalgique, toujours infiniment lourde, mais rarement brusque. On nous fait violence avec langueur. Sur le long chemin aux cailloux acérés qui égratigne les pas à chaque avancée, tout arrive avec subtilité et candeur, lentement mais sûrement, le chaos fait mainmise sur l’auditeur, comme l’apocalypse qui berce l’âme à l’agonie. Les métaphores sont puissantes et obscures. La bestialité des rythmes et des cris nous ramène à la naïveté de l’enfance pas encore corrompue par la bien pensante moralité. La liberté de tomber. Volontairement, se lancer dans le vide comme si le sort du monde en dépendait. C’est face à l’absolutisme et à l’obsolescence du paysage sans nom sans âge que la mise en scène prend vie. Perdre tout au change, parce que c’est de ça que la vie est composée; de tragique. Nous ne sommes ni méchants ni défaitistes, nous ne souhaitons que le calme après la guerre. La guerre de naître.

 

C’est le silence. À la deuxième écoute, et davantage à la troisième, c’est le silence qui dicte la marche à suivre, le fruit recherché, le rite de passage. Le deuxième degré de l’écoute réside précisément dans ce qui n’y est pas, dans le vide que crée le bruit des guitares et des tambours. L’ensemble comme un tout, encore précaire, d’où tout est possible, où tout reste encore à construire. Dans cette mise en scène de l’échec le quatrième mur y a été abattu. Nu devant public, on y livre la toute première source de la matière, les fondements de l’être humain et du Rock «N Roll. Hypnotique dans chacune de ses grandes envolées. Les mouettes qui partent mourir au large méritent toute notre miséricorde.

De grands amoureux sensibles et subtils.

Meilleures pièces
Le Vacarme des Mouettes
La Prophétie des Autres
Les Vents Contraires

Texte: David Atman

Lancement de l’album le 22 mars 2018 à la Casa del Popolo (infos à venir)

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