THE KILLS @ le Métropolis, 21.09.2016

Rien ne semble ébranler le talent du duo américano-britannique qui, après 5 albums studio et (déjà!) 16 ans de carrière, fait encore et toujours des étincelles. Avec leur dernier opus Ash & Ice sorti en juin dernier, il était grand temps pour VV  et Hotel (respectivement Alison Mosshart et Jamie Hince) de se remettre en selle. Un mercredi soir résolument rock’n’roll au Métropolis.

Petit rappel pour les novices: Alison Mosshart n’est pas inconnue au bataillon. Elle fait également partie de l’excellent groupe The Dead Weather, qu’elle forme, entre autres, avec Jack White (le Jack White de The White Stripes ou encore The Raconteurs, exactement). Décor sobre, la pochette de leur dernier album en toile de fond: c’est sous un tonnerre d’applaudissements que le duo arrive lentement sur scène, plongée encore dans la pénombre. La jolie blonde, autrefois brune n’a visiblement rien perdu de sa superbe. Heart of a Dog, mélange électro-rock extrait de leur dernier album — marque le début des festivités, suivi du puissant U.R.A Fever, titre de Midnight Boom, sorti en 2008.

L’osmose entre Hince et Mosshart est palpable dès les premières notes. Féline et agile, autant avec son corps qu’avec ses instruments, la jeune femme a la particularité d’avoir cette voix si brute, si torturée que lorsqu’elle chante, c’est comme un coup de poignard dans le cœur — dans le bon sens du terme.
Des titres comme Kissy Kissy (Keep On Your Mean Side, 2003), Black Balloon ou encore Tape Song (Midnight Boom) sont là pour nous rappeler le bon vieux temps. Époque où The Kills était à l’apogée de leur succès. Époque où le duo produisait un vrai son low-fi (comprenez «low-fidelity»), c’est-à-dire un son capté de façon brute, «sale». Hard Habit To Break et Echo Home, extraits d’Ash & Ice (2016), apportent de la nouveauté, mais n’ont définitivement pas le même effet que les anciens tubes du groupe.

Sur Pots & Pans, Hince se met à la guitare pendant que Mosshart, assise sur un ampli, écoute religieusement son partenaire de scène. Un beau moment.
En ayant voulu explorer de nouveaux territoires musicaux, The Kills a pris des risques (calculés?) et même si cela semble fonctionner, admettez-le, personne ne peut résister à la voix sensuelle et rauque d’Alison Mosshart —, le côté «sale» de leur musique a tendance à s’effacer.

Un dernier album plus léché, plus lisse, comme le titre Siberian Nights par exemple. Le concert se termine sur deux anciens titres et pas des moindres.
Last Day Of Magic et Fried My Little Brains sont comme une grosse claque dans la figure! C’est ça qu’il nous fallait… une claque dans la figure! Ce dernier album nous laisse sur notre faim. Il est bien loin de ce que l’on avait l’habitude d’entendre dans les années 2000.

Néanmoins, on aura eu droit à la même recette qu’il y a 16 ans: un Hince fidèle à lui-même, guitare en main, en parfaite symbiose avec sa partenaire aux allures de tigresse à la voix brute et si singulière. Des frissons, on en aura quand même eu ce soir-là: merci The Kills !

Texte: Marine Lardennois

Photos: Helene Dickey

Setlist
Heart of a Dog
U.R.A. Fever
Kissy Kissy
Hard Habit to Break
Impossible Tracks
Black Balloon
Doing It to Death
Baby Says
Dead Road 7
Tape Song
Echo Home
Whirling Eye
Pots and Pans
Monkey 23
Rappel
That Love
Siberian Nights
Last Day of Magic
Fried My Little Brains