Unearth @ les Katacombes, 07.04.2017

Après une semaine complète sous la pluie torrentielle, les Katacombes recevaient une brochette de groupes pas piqués des vers pour entamer le weekend: Pulse, Avery’s Descent en ouverture pour Darkness Divided, Fit For An Autopsy et les derniers, mais non les moindres, Unearth. Une soirée signée Extensive Enterprise qui s’annonçait forte en émotion.

Pulse à la lourde tâche de briser la glace en ce jeudi soir froid et humide. J’arrive aux Katacombes pour capter la deuxième portion de leur prestation. Le groupe, dont la moyenne d’âge ne se situe visiblement pas au-dessus de 25 ans, patauge dans les eaux du Djent, du metalcore et de la musique progressive. Les guitares sont accordées très bas et la formation réussit bien à partager son groove agressif. La foule commence doucement à s’échauffer sous le son syncopé et opaque de Pulse, n’hésitant pas à faire du hardcore dancing au rythme des nombreux breakdowns que contiennent les chansons. Un groupe à revoir qui n’a pas fini de progresser vers le haut!

Avery’s Descent bondit sur scène avec de l’énergie à revendre. Le quintet roule sa bosse depuis un moment, fort de sa sonorité metalcore classique et efficace. Les riffs carrés et les mélodies accrocheuses sont rehaussés par la performance dynamique du chanteur, visiblement en totale possession de ses moyens. Beaucoup de fans semblent être venus encourager le groupe. La prestation va bon train, le parterre se laisser aller de plus en plus afin de préparer l’arrivée des prochains groupes.

Darkness Divided me prend par surprise: le groupe est hyper professionnel, leur performance est rodée au quart de tour et les chansons me donnent envie d’aller écouter leurs albums. On peut comparer le quintet américain à un groupe comme Wage War par exemple, naviguant toujours dans les eaux du metalcore. Le chanteur possède une énergie palpable, contaminant le public avec aisance. Le guitariste tire son épingle du jeu avec une voix claire maîtrisée, ajoutant une touche de mélodie à la puissante frappe de ses comparses.

Le moment que j’attendais avec impatience arrive enfin: Fit For An Autopsy envahit les Katacombes après de longues minutes d’attente qui m’ont semblé interminable. J’ai écouté leur avant-dernier opus «Absolute Hope, Absolute Hell» en boucle depuis un an: je suis un fanatique total. Le groupe démarre sa prestation avec, justement, la chanson titre de cet album. Plus grands que nature, les 5 musiciens semblent en totale symbiose et en accord avec leur univers esthétique et musical. Ils présentent une (trop courte) demi-heure d’opacité sonore suffocante et d’atmosphère occulte de haute voltige. Je savoure chaque ligne que le chanteur prononce, scandant à l’unisson sa poésie macabre qui me fascine depuis plus d’une année. La formation est littéralement un mastodonte qui anéantit tout sur son passage. À quand leur prochaine visite à Montréal? J’ai déjà hâte d’y être.

Le clou du spectacle se met finalement en marche: Unearth se présente devant des Katacombes en liesse, paquetées de la porte jusqu’à la scène, sans oublier le balcon. La formation n’a plus besoin de présentation, toute droit sortie de la NWOAHM (New Wave Of American Heavy Metal). Ayant un metalcore corrosif et sans-pitié comme arme de choix, Unearth saccage les Katacombes chanson après chanson, donnant lieu aux pits les plus véloces que j’ai vus dans une salle de cette taille. Je suis catégorique: Unearth + Katacombes = le meilleur combo de groupe/salle que j’ai vu de toute ma vie. Le groupe dégage une énergie qui ne laisse personne indifférent. Tout le monde au parterre se lance dans le pit avec une frénésie intempestive. Un party qui n’a pas fini d’être remémoré par ceux qui ont eu la chance d’y participer!

Texte et photos: Cédric Joly