Festival Santa Teresa @ Sainte-Thérèse, 20.05.2018

Le Santa Teresa s’est terminé dans le grabuge et c’est malheureusement ce qu’on retiendra de cette édition. L’une des têtes d’affiche du festival, un rapper américain, Lil Uzi Vert, a été retenu aux douanes. Le festival avait pourtant annoncé que celui-ci était bel et bien arrivé, mais après avoir fait patienter les fans plus de deux heures, on leur a ensuite annoncé comment se faire rembourser. Nous ne parlerons pas d’émeute, mais juste d’un peu de brasse-camarade avec de jeunes hommes pleins de testostérone, et d’un peu de matériel de sonorisation en morceaux. Attendons la version officielle des organisateurs avant de se prononcer, mais, plus qu’uniquement le Santa Teresa, cet événement entachera certainement la diffusion de spectacles Hip-Hop au Québec. Le Pouzza quant à lui se déroulait au même moment au Quartier des Spectacles et réunissait des milliers de punks anticapitalistes et portant fièrement le logo de l’anarchie. Aucun événement n’a été déclaré.

Cette programmation diversifiée a également réuni un public diversifié. Cette dernière journée du festival est très achalandée de personnes se situant entre 12 et 40 ans venus voir et entendre des artistes de tous horizons. C’est le Folk et la bière de microbrasserie qui attirent notre attention du côté du St-Graal de la rue Turgeon où Mon Doux Saigneur et Dave Chose (ex-Faudrait faire la vaisselle) devaient performer devant une salle bien réchauffée. Les deux coqueluches montréalaises ont été accueillies avec beaucoup d’énergie par un public déjà conquis.

La raison de notre présence était principalement pour assister à La Messe Thoracique de Klo Pelgag et de ses invités. La nouvelle grande dame de la chanson québécoise devait enchanter l’église Sainte-Thérèse-d’Avila de son aura baroque et surréaliste. Elle en surprendra plusieurs avec son spectacle théâtral alors que le public retient son souffle à plusieurs occasions. Nous retiendrons surtout la performance avec Violett Pi de sa pièce Labyrinthite qui fût l’un des grands moments du spectacle.

Le after-party se voulait beaucoup plus abrasif alors que les policiers tentaient toujours de disperser la foule à l’extérieur, le groupe punk-hardcore torontois Fucked Up s’époumonait au Montécristo devant une 40aines de fans alors qu’au même moment, It It Anita de Belgique, qui disait-on avait un petit quelque chose de Sonic Youth, était à une salle à une 15aines de minutes de marche de là. Je n’ai pas pu entendre un seul morceau.

Le Santa Teresa aura réussi à attirer de grandes foules, toutefois plusieurs en sont restés mécontents à y voir l’état des lieux. Faudra-t-il également à un certain moment se brancher sur le type de programmation qu’on y présente ou le public cible qu’on tente de rejoindre? En attendant, on espère tous que les organisateurs reviendront en force de cette malheureuse aventure.

Texte: David Atman

Photos: Marie-Emmanuelle Laurin