La tempête Steady Swagger déferle sur les Katacombes

La salle des Katacombes affichait pratiquement complet samedi dernier alors que les puissants Steady Swagger foulaient la scène en compagnie de Capitaine Révolte et de Vinny Savage and the Wild Side. Près de deux cents belles madames et beaux monsieurs se sont déplacés pour boire des barils de rhum, et terminer la soirée à se demander, mais où était donc ce fameux Mr. Jonhson???

Impossible de se sortir de la tête ce refrain -comme plusieurs autres de leurs refrains d’ailleurs-. Est-ce que l’histoire surréaliste de ce Mr. Johnson pourra enfin donner à nos favoris locaux toute la reconnaissance qu’ils méritent à l’international? Leur performance de samedi passé ne laisse aucun doute quant à la qualité et le professionnalisme de leur produit culturel. L’imaginaire derrière leurs compositions est appuyé par un spectacle décadent, un chaos, une tempête de son. Toujours bien orchestrées, les harmonies vocales remplissent de façon magistrale l’espèce de vide auquel on pourrait s’attendre avec un trio acoustique. Il n’y a aucun vide ici, aucun temps mort ne serait-ce que pour reprendre son souffle. Et est-ce que le groupe aurait mis la main sur le batteur parfait? Après deux changements dans leur formation, un Italien qui fait de la pizza (ce n’est pas raciste, il fait vraiment de la pizza!) prénommé Sergio a maintenant le mandat de soutenir tout en subtilité et en intensité l’énergie du duo de chanteur en Mat et Pi. Armé de ses balais, il ne prend jamais trop de place donnant ainsi l’espace nécessaire aux textes pour faire leur chemin jusqu’à l’auditeur qui ne se fait d’ailleurs pas prier pour gueuler en choeur toutes les paroles -. Sergio est droit comme le roc, ne donne jamais un coup de trop et appuie les harmonies avec un accent charmant à faire craquer toutes les jolies Québécoises présentes. Le trio semble maintenant plus solide que jamais. Ils n’en sont pas à leurs premières heures. Les Swaggers ont fait le tour de toutes les grandes villes entre Windsor et Halifax. Partout, ils sèment le vent et emportent tout sur leur passage. Il ne suffit que d’une question de temps avant qu’une maison de disques sérieuse leur offre un généreux contrat sur un plateau d’argent. On leur souhaite de tout coeur. Leur musique est de calibre international et est facilement exportable. Nous ne pouvons alors qu’espérer qu’ils soient recrutés par une compagnie d’ici avant qu’on ne les perde à l’étranger. Il y a déjà un grand intérêt pour le groupe en Australie, en Angleterre et en Italie entre autres. Il vaudrait mieux avertir les labels de faire vite et de préparer les contrats. Les Steady Swagger seront huge!!!

À voir au nord-ouest Café de Trois-Rivières le 18 décembre avant une petite pause hivernale bien méritée.

Le retour de Capitaine Révolte au Rockfest 2013 en a surpris plus d’un. Un autre bon coup d’Alex Martel. Groupe phare dans l’histoire du punk québécois, la musique de Capitaine Révolte a bercé le coeur de milliers d’ados au début des années 2000. Leurs deux premiers albums sont devenus des classiques du punk rock d’ici, et ils n’ont rien à envier aux M.A.P. et Vulgaires Machins de ce monde. Leurs textes dénonciateurs en ont fait un groupe largement diffusé par la nouvelle vague de militants alter-mondialiste-écolo d’il y a 15 ans. Le dernier souvenir de Capitaine Révolte que j’ai c’est l’enthousiasme d’un public chaleureux qui chantait J’ai oublié à Woodstock en Beauce il y a de ça beaucoup trop longtemps. Le groupe n’a pas perdu de son mordant sur scène. Les chansons sont toujours d’actualité. Vivement le nouvel album à l’automne 2015. Grâce à la gérance de La Show-Box, le groupe sera partout sur scène et dans plusieurs festivals au Québec à l’été 2015. En attendant, vous pouvez vous rendre le 18 avril au festival Republiska IV au bar le Magog de Sherbrooke (avec Les Conards à l’Orange, Francbâtards et plusieurs autres).

Le premier groupe de la soirée, alors que la salle se remplissait au fur et à mesure des chansons,Vinny Savage and the Wild Side, a ouvert le spectacle avec brio. Les attentes étaient hautes, il se dit beaucoup de bien à propos de ce groupe. Ils ont donné une performance très réussie de ce que j’aurais tendance à appeler du ska-core comme il ne s’en fait plus, à la sauce Naked ‘n Happy peut-être. C’est définitivement un groupe avec beaucoup de talent et une très bonne présence scénique. Ils entrent prochainement en studio pour concocter de nouveaux enregistrements. À surveiller.

Texte : David Atman

Photo : Luigi Capasso