Mile Ex End Festival 2017

02.09.2017

Le dernier festival de l’année, qui concordait d’ailleurs avec le FME à Rouyn-Noranda, termine la saison sensiblement de la même façon qu’elle avait commencé avec le Santa Teresa en mai dernier. Une programmation branchée, actuelle, indie-folk-électro et ses dérivés, rassembleuse et bilingue comme un Osheaga de béton. Le lieu attire les curieux, sous le viaduc Van Horne, les citoyens reprennent possession des lieux abandonnés de la ville. Nous n’avons qu’à espérer que le ciel ne nous tombe pas sur la tête comme sur de la Concorde.

La soirée s’annonçait belle en fait de température, elle s’annonçait longue si l’on voulait manger un morceau. Les lignes d’attente semblaient s’étendre jusqu’à Lachine. Le site a commencé à se remplir qu’en fin de soirée. Malgré une forte programmation dès midi avec Tire le Coyote, Matt Holubowski, Foreign Diplomats et plusieurs autres. Le public n’en avait que pour les deux têtes d’affiche. Les lieux ont été immergés sous la fumée avant Cat Power, ça commençait à en être même plutôt pénible. De nombreux problèmes techniques sont venus entacher la performance de l’auteur-compositrice. Performance excessivement intimiste. Les curieux venus voir City and Colour ont plutôt commencé à parler plus fort pendant que la demoiselle continuait à essayer de jouer. C’était triste. Pourtant une très belle performance qui aurait mieux coulé en salle que dans un gros festival extérieur sur le bord d’une rue bruyante.

City and Colour allait suivre pour faire un peu plus de bruit, mais pas tant. La performance est restée très propre. Une suite de balades allaient faire s’embrasser les couples. Les filles se pâment devant la beauté physique du monsieur, tous s’exclament de «ohhhh» lorsqu’il monte en falsetto, mais ça sent le fromage fort qui fait squick-squick. Une ballade country dans la pure tradition canadienne est venue en surprendre plus d’un. Ce fut effectivement une très belle performance toute en douceur et romantisme, mais au fond nous ne sommes pas très loin de Bryan Adams. On se marie sur la musique de City and Colour, mais en festival extérieur bétonné et sans étoile, l’ambiance n’a jamais été capable de se saisir d’elle-même et de nous faire vivre un vrai moment de grâce. Malgré les concerts qui sont un peu tombés à plat pour moi, le lieu du festival est effectivement très intéressant et très aisément accessible, mais il faut être en mesure de présenter des spectacles avec un volume suffisant pour enterrer celui des camions qui passent sur Saint-Denis.

À cette heure, j’espère donc que Patrick Watson ne sera pas solo sur scène et que Godspeed a planifié une performance plutôt noisy qu’ambiante pour la deuxième journée du festival.

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03.09.2017

La deuxième journée du festival s’annonçait trempée. Une pluie fine, mais constante tomba sur les festivaliers. Une panne d’électricité obligea Lydia Képinsky à écourter sa performance. La légende des années 80 Suzanne Vega semblait ne pas trop avoir sa place. Charlotte Cardin toujours aussi excellente, mais l’événement a pris son envol lorsque Patrick Watson, ses musiciens et sa chorale ont envahi la scène pour surtout présenter des pièces de son plus récent album. À l’abri de la pluie, sous le viaduc, le public est moins bruyant qu’hier et la performance se déroule sans imperfections.

Le buzz autour de Godspeed est un peu passé depuis leur grand retour. Les vrais fans ont pu les attraper en concert à plusieurs occasions dans la métropole, toutefois c’était la première performance extérieure du groupe et Dame nature allait se calmer pour permettre à l’événement de bien se dérouler. Sans dire un mot, le groupe de dix musiciens (accompagné par deux saxophonistes pour deux pièces) a interprété l’entièreté de son nouvel album avant sa sortie. Les nouvelles compositions m’ont semblé plus psychédéliques que progressives, et plus joyeuses que ce à quoi le groupe nous a habitués. Godspeed a réussi à créer un événement, à ne pas confondre avec un simple concert. Leur performance ne pouvait mieux terminer le festival et le public s’en est retourné sur la ligne orange avec les étoiles plein les yeux d’avoir assisté à quelque chose d’important, un moment d’histoire avant que l’histoire ne le récupère. Ce qui s’annonce pour être un grand album de post-rock, le public l’a intégré et l’a compris. En silence.

Texte: David Atman

Photos: Jesse Di Meo

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