Scar Symmetry @ Petit Campus, 14.09.2016

Le Petit Campus, à l’entrée ternie par les travaux de construction majeurs, accueillait hier soir une brochette de groupes émérites, dont les titans du death metal mélodique, Scar Symmetry. Le groupe, venu directement de la Suède, ne fait que de rares apparitions dans la Belle Province. Montréal fait donc office d’hôte pour cet événement qui promet d’attirer les amateurs de musique lourde.

La soirée débute avec une trentaine de minutes de retard. Qu’à cela ne tienne, les gars de Darkaeon sont prêts à monter sur scène avec leur musique progressive et mélodique. De bons amis à moi, certes, mais surtout d’incroyables musiciens. La troupe héberge à mon avis deux des plus habiles guitaristes et bassistes de la scène Metal au Québec, sans enlever de mérite au batteur et au guitariste rythmique, eux aussi très solides. Leurs compositions sont puissantes, raffinées et ne laissent place à aucun temps mort: chaque chanson se démarque et coule de façon fluide. Tout est à la bonne place. Le chanteur Hugo joue facilement entre un growl senti et une voix claire redoutable, toujours de bon goût et utilisée à bon escient. Il y a quelques mois, lorsque j’ai vu l’annonce de cette soirée, je n’avais pas pu imaginer un autre groupe pour lancer les hostilités. Darkaeon est à la bonne au bon moment.

La formation Painted In Exile vient ensuite chambouler l’ambiance de la soirée avec son metal plus rapide et vicieux que le groupe précédent. Un claviériste talentueux lie les salves supersoniques de la troupe de New York à un son plus mélodique, sans toutefois cracher sur la lourdeur. De nombreux breakdowns fusent de toutes parts, se mêlant aux blast beats et aux portions plus douces des compositions. Le chanteur souligne qu’il s’agit de leur première tournée internationale, ce qui me surprend, dû à l’immense talent que les musiciens possèdent. Leur fébrilité et leur énergie se rendent jusqu’à la foule. Un immense plaisir semble les envahir, ajoutant encore plus d’intensité à leur performance. Un groupe à découvrir absolument!

Shattered Sun est en mission: il vient conquérir de nouveaux fans à Montréal. La formation est défendue par un chanteur charismatique, maniant aussi bien un scream robuste qu’une voix claire plutôt rock. La troupe ne se laisse pas prier pour lancer son assaut: les riffs dévastateurs et les mélodies enlevantes remplissent le Petit Campus. Les musiciens sont adroits et les chansons sont rodées au quart de tour: surprenant que ce groupe ne jouisse pas d’une plus grande reconnaissance. Pourtant, ils portent en eux une énergie sans pareille et un réel plaisir à performer.

La foule attendait ces vieux d’la vieille avec impatience tout au long de la soirée: Arsis met enfin les pieds sur scène pour consumer la horde de fanatiques présents au Campus avec leur death metal colossal. Le guitariste et le bassiste n’en finissent plus de faire tourner leurs longues tignasses sous le rythme effarant du batteur. La voix cauchemardesque de James Malone, couplée à son jeu de guitare chirurgical, se déchaîne, entraînant la foule à former les premiers pits réels de la soirée. Arsis sait ce qu’il fait, fort de plus d’une quinzaine d’années d’expérience en destruction sonique. La vélocité de son style me frappe au visage, hochant la tête malgré moi devant la vitesse et la précision de ses chansons. La foule est définitivement prête à accueillir la tête d’affiche.

Scar Symmetry procède finalement à son théâtre mélodique, presque symphonique, mais toujours heavy à souhait. Soulevée par deux chanteurs talentueux dans leur rôle respectif, la troupe suédoise enchaîne avec brio tous ses plus grands succès. Per Nilsson, guitariste extraordinaire, brille de mille feux grâce à son talent brut et sa précision majestueuse. L’homme a su composer, selon moi, une panoplie de chansons qui resteront gravées dans la mémoire de tous les fans de death metal mélodique. Les fans sont ravis et enchantés d’enfin pouvoir savourer la musique de Scar Symmetry, ambassadeur du death metal mélodique depuis plus d’une décennie.

Texte et photos: Cédric Joly