De Half Moon Run à Lee Aaron, mon Festival international de jazz de Montréal 2017

Pour ceux qui nous suivent assidument sur Daily-Rock vous avez sûrement pu voir mes critiques sur les shows en salle où j’ai été invité et l’excellente galerie photo de mon confrère Jesse Di Meo. Pendant tout le long du festival j’en ai aussi profité pour aller voir plusieurs spectacles gratuits. Voici un petit compte-rendu de ceux que j’ai trouvés dignes de mention. Bonne lecture!

Sessions 375 avec Cœur de Pirate et Half Moon Run

Dans le cadre des festivités du 375e anniversaire de Montréal nous avions droit en guise de gros show d’ouverture du festival une session 375 avec en autre Franklin Electric, Plants and Annimals, Milk & Bones et Cœur de Pirate. Cette dernière nous a livré une belle performance malgré qu’elle fût visiblement nerveuse. Elle n’a pas manqué de chercher la complicité de ses musiciens tout au long de la soirée. La foule n’était évidemment pas composée uniquement de ses fans, mais elle a été généreuse avec elle et l’a très bien accueillie. Mais il faut se dire la vérité, la marée hyper compacte de monde entassé sur la place des festivals était bien ici pour voir le groupe montréalais Half Moon Run. Ce fut sans contredit un moment magique autant pour le groupe que pour les spectateurs. Déjà avec 21 Gun Salute l’on a pu sentir l’amour qui unissait les artistes et son public. Le chanteur Devon Portielje possède ce genre de voix à la fois puissante et toute en retenue qui lui permet de nous faire sentir dans un moment intime avec lui malgré l’énorme auditoire. Comme le batteur Dylan Phillips nous le confirme, ils n’ont jamais joué devant une aussi grosse foule. Jusqu’à la finale avec l’excellente Full Circle le tout est magnifiquement interprété par les quatre musiciens qui jouent tous plus d’un instrument au cours de la soirée. En ultime rappel, il nous réserve une surprise de taille avec la reprise de Leonard Cohen Suzanne que nous chantons volontiers en chœur avec eux. Une des meilleures prestations de toute cette 38e édition. Ça commence bien.

Valaire

Malgré le temps maussade de l’été jusqu’ici, les rythmes ensoleillés de la musique de Valaire étaient là pour nous faire danser. Tous armés de lunettes soleil et d’un look légèrement hawaïen, les musiciens et leurs nombreux invités nous ont transportés à des lieux d’ici, comme sur une île en plein milieu de l’océan où nous pourrions bouger à notre guise sous les palmiers au son des trompettes, du saxophone et de la bass. Même le ciel menaçant a bien compris et ne nous a pas envoyé de pluie. Si je dois vous avouer ne pas être un amateur de ceux autrefois connus sous le nom de Mister Valaires, il est difficile de ne pas se laisser charmer par leur performance live. Voilà bien un groupe d’ici qui reste fidèle à ses origines tout en y incorporant des influences de partout dans le monde.

Bixiga 70

Décidant que j’avais envie de me dégourdir les jambes, c’est par le plus pur des hasards que je me retrouve devant la grande scène TD ce lundi soir à 23 h pour assister à la deuxième prestation du collectif Bixiga 70. Visiblement moins connue ici et à une heure tardive pour un début de semaine, il n’y a pas beaucoup de monde et il est facile de se trouver une place proche du stage. Malgré tout, les dix musiciens tout droit venus de Sao Paulo au Brésil sont plus qu’heureux d’être devant nous. Comme ils nous le répèteront à maintes reprises, c’est un rêve devenu réalité pour eux d’être au FIJM. Et pour les personnes présentes, la fête est au rendez-vous. Il y a quelque chose de beau et d’international de voir des gens d’origines noires, arabes, asiatiques, sud-américaines et blanches danser ensembles au son d’une musique fusion qui mélange l’afro-beat, le jazz et le funk. Juste à voir tout ce beau monde faire, le serpentin humain comme dans les hôtels formule «tout compris» dans le sud, le mot international dans le nom du festival prend tout son sens.

Bobby Bazini

Seul show en salle que j’inclus dans cette liste. La raison en est simple, même si j’y ai gentiment été invité, je n’ai pas vraiment aimé et par respect pour l’artiste et l’évènement, je n’ai pas voulu y consacrer un texte complet. Comprenez-moi bien, le chanteur à une belle voix et l’utilise à merveille, mais tout au long de la soirée il n’a jamais vraiment pris son rythme et n’a jamais fait lever la salle, que ce soit littéralement ou au sens figuré. Pas assez de pièces rythmées, trop de slows et une prestation trop longue pour l’heure tardive en sont sûrement les causes. Beaucoup du public quittent la salle avant même la fin. Et je sais que pour plusieurs de ses fans cela fait partie de son charme, mais sa gêne et ses bégaiements incessants rendent ses rares interventions trop longues et désagréables à suivre, surtout quand il n’y a pas vraiment de punch. Je tiens à faire une belle mention aux nombreux musiciens qui l’accompagne. Ils sont bons et ajoutent une texture pleine et riche aux chansons au point qu’ils me manquent cruellement quand Bobby Bazini est seul avec sa guitare. Je suis sûr que les vrais admirateurs ont passé une très belle soirée, mais pour un néophyte habitué à voir des artistes en spectacle qu’il les connaisse ou pas, je n’ai pas été pris au jeu parce que j’ai vu ce soir.

Lee Aaron

Pour finir ces 11 jours intensifs, je me dis qu’il n’y a rien de mieux qu’aller voir la «Metal Queen» Lee Aaron en personne pour sa performance de 23 h sur la scène Bell. Même si j’y ai vraiment passé du bon temps, j’ai été un peu désarçonné de ne pas revivre le métal des années 80’ qui l’on rendu célèbre. Fière de son nouveau disque Fire and Gasoline sorti l’an passé et qui l’a ramené à un son plus hard rock, elle débute avec la toune titre de celui-ci et poursuit avec Tom Boy. Jusqu’à là, rien d’anormal de nous présenter son nouveau matériel, encore moins pour amorcer un show, mais le tout continu avec une série de reprises. Pas moins de quatre sur un total de neuf chansons jouées en un peu moins d’une heure, c’est beaucoup. La dame chante encore très bien et elle est accompagnée de musiciens chevronnés avec qui elle réussit à nous présenter des versions énergiques de When Love Come to Town originalement interprété par U2 et B.B. King et Mistreated de Deep Purple. Pendant plus de la moitié du spectacle, la seule incursion dans son répertoire est la bluesy Handcuffed to a Fence in Mississippi de son album de 2004 Beautiful Things sortie en 2004. C’est sûr que du blues au Festival de jazz c’est dans le thème et qu’elle a la voix pour chanter ce genre musical, mais si vous faites le calcul, il ne lui reste que deux morceaux à nous interpréter pour jouer ses classiques. C’est ce qu’elle fait avec Metal Queen et Watcha Do To My Body qui conclut sa prestation et mon Festival International de Jazz en beauté.

Texte: Sébastien Léonard

Photo: Victord Diaz Lamich