Death From Above 1979 @ Théâtre Corona, 20.10.2017

C’est toujours un plaisir renouvelé de voir mon duo canadien préféré (Death From Above 1979). N’étant pas allé au Osheaga cette année, je ne les ai pas vus depuis leur passage au Metropolis pour la tournée de leur deuxième album The Physical World et je suis ce soir impatient de les revoir. D’autant plus que je n’arrête pas d’écouter leur nouvel album sorti le mois passé. Pour ceux comme moi qui avais adoré le précédent, celui-ci est une belle continuation qui ne réinvente peut-être pas leur style, mais qui est indéniablement efficace. Et excepté quelques spectacles dans des festivals, nous sommes la deuxième date officielle de cette tournée nord-américaine qui les mènera ensuite en Europe.

C’est sur une scène dépouillée, où seulement une toile de leur logo des deux têtes à la trompe sert de décor, que Jesse et Sebastien prennent place pour commencer sans fanfare ni trompettes avec Nomad. C’est le seul moment où l’on peut se rendre contre qu’ils viennent seulement de commencer ce tour, car, sans être mauvaise, leur interprétation n’est pas sur la coche. Avec l’excellente Virgins, le problème se corrige comme si la complicité des deux musiciens venait d’embarquer tout d’un coup et qu’il leur fallait juste se réchauffer un peu pour que ça décolle. Et pour notre grand plaisir, ça va rester comme ça jusqu’à la fin.

Il est toujours impressionnant de voir qu’ils ne sont juste que deux pour sortir toute cette musique. C’est sûr, c’est du hard rock garage et pas du progressif, il n’en reste pas moins que c’est «groovy» à souhait, que le batteur chante en même temps et que tout le reste sort de la basse de Jesse qui doit utiliser plusieurs pédales d’effets et quelquefois un clavier pour y arriver.

Ça prend plusieurs chansons avant que Sebastien s’adresse à nous pour nous saluer et nous remercier d’être là. Étant fluide autant en anglais qu’en français purement québécois, il en profite pour nous montrer qu’il est même capable d’imiter plusieurs accents de notre belle province et nous fait rire un bon coup en imitant un anglophone ontarien qui parle français. Ceci l’amène même à parler de la vie de son grand-père qui a vécu ici au Québec. Pendant Outrage! Is Now il quitte sa batterie pour venir chanter à l’avant en ne gardant le rythme que sur une cymbale. Homme de peu de mots, Jesse Keeler est l’inverse de son compatriote et réussi à prendre possession de tout le stage en se déplaçant frénétiquement tout le long de la soirée.

Si les nouveaux morceaux passent le test du live, ce sont les classiques comme Turn It Up, Always On et Little Girl qui restent les préférés du public. Ça thrash même en masse sur Black History Mouth et Trainwreck 1979. Ils nous gardent une belle surprise pour le rappel en revisitant leur première parution et premier EP avec la pièce Dead Womb (qu’ils n’avaient pas joué à Ottawa la veille) et qui fait plaisir aux fans. C’est sur l’endiablé Pull Out qu’ils nous disent au revoir et à la prochaine. Même si l’on n’a jamais hâte à la fin quand c’est bon, le fait qu’il soit largement passé minuit nous aide à l’accepter et nos deux amis ontariens peuvent partir la tête haute en se disant mission accomplie.

Texte: Sébastien Léonard

Photos: Helene Dickey

Liste des chansons:

Virgins
Caught Up
Turn It Out
Moonlight
Always On
Little Girl
White Is Red
Outrage! Is Now
Holy Books
Freeze Me
Going Steady
Black History Month
Never Swim Alone
Trainwreck 1979
Romantic Rights
The Physical World

Encore:
Dead Womb
Pull Out