Green Day @ Centre Bell, 22.03.2017

Trente ans déjà (!) que les Californiens de Green Day œuvrent dans le punk rock sans même prendre une ride. Avec une musique intemporelle qui touche toutes les générations et une énergie sans égale, le groupe a délivré mercredi soir une prestation plus qu’époustouflante. Le Revolution Radio Tour au Centre Bell, c’est parti!

Elle est loin l’époque où Billie Joe Armstrong et ses «partners in crime» n’étaient qu’une bande d’ados prépubères en quête de repères. Aujourd’hui âgés dans la quarantaine, les membres n’ont pourtant rien perdu de leur superbe.
Bohemian Rhapsody (Queen), Blitzkrieg Bop (Ramones) et The Good, the Bad and the Ugly (Ennio Morricone) nous mettent – doucement mais sûrement  en condition. Know Your Enemy, extrait de leur huitième album studio, 21 st Century Breakdown, marque le coup d’envoi: ce premier titre sera l’occasion pour lui de choisir une fan (très chanceuse) pour monter sur scène avec lui et l’accompagner au chant avant de l’envoyer faire du body surfing parmi les premiers rangs. Une soirée qui commence sur les chapeaux de roue.

Nouvel album oblige, Armstrong présente ensuite deux titres de leur dernier album, Bang Bang et Revolution Radio.
Green Day ne serait pas Green Day sans un discours politiquement (in) correct: «No racism, no sexism, no homophobia. And no Donald Trump», lance-t-il alors à la foule, le drapeau du Québec dans les mains. Une position bien tranchée, mais qui n’empêche pas Armstrong de vouloir répandre amour, respect et unité à travers sa musique; un geste tout à son honneur. Holiday et Letterbomb, extraits d’American Idiot, clôturent pour l’instant la parenthèse politique.

Les classiques se mélangent aux nouveaux titres pour le plus grand bonheur du public. Boulevard of Broken Dreams précède Longview, où un autre fan chanceux qui, du haut de ses 11 ans, manie la guitare avec une facilité déconcertante et volerait presque la vedette à Armstrong. Un câlin avec le leader du groupe et une guitare plus tard, le gamin repart dans les gradins avec probablement les yeux plein d’étoiles et des souvenirs plein la tête. Comme quoi on peut être un groupe de pop-punk et avoir le cœur sur la main.

Dire qu’il fait chaud au Centre Bell serait un euphémisme. Pour parer à l’effervescence ambiante, Armstrong se munit de canons à eau et rafraîchit allègrement les premiers rangs pour ensuite lancer des t-shirts. Vous avez dit généreux?
L’excitation ne sera jamais retombée au cours de la soirée et plus le public hurle et plus l’énergie d’Armstrong semble se décupler. Basketcase, She et King For A Day réveillent les ados enfouis chez les plus «vieux» d’entre nous et agissent comme une claque en pleine figure.

Il y a des albums qui ne prennent pas une ride et dont on se délecte toujours autant d’écouter, même des années après. C’est le cas de Dookie, troisième opus du groupe sorti en 1994. «I believe in the bottom of my heart that rock’n’roll can change the world», clame le chanteur, avant de reprendre de grands classiques: (I Can’t Get No) Satisfaction (The Rolling Stones) et Hey Jude (Beatles), entre autres. American Idiot et Jesus Of Suburbia annoncent le début de la fin… avec un énième vibrant hommage au président américain. Billie Joe Armstrong se retrouve ensuite seul sur scène, guitare en main, interprétant Ordinary World et Good Riddance (Time of Your Life) en acoustique.

Une bien belle façon de terminer un show tout en puissance. Des valeurs comme la générosité, l’authenticité et la passion insufflées ce soir sont des valeurs qu’il faut continuer de transmettre aux générations futures. Une bonne piqûre de rappel!

En première partie, Against Me! s’est chargé de chauffer un Centre Bell qui trépignait d’impatience à l’idée de voir Green Day. Un défi de taille, mais plutôt bien relevé par le groupe originaire de Floride.

Texte: Marine Lardennois

Setlist
Bohemian Rhapsody (Queen)
Blitzkrieg Bop (Ramones)
The Good, the Bad and the Ugly (Ennio Morricone)
Know Your Enemy
Bang Bang
Revolution Radio
Holiday
Letterbomb
Boulevard of Broken Dreams
Longview
Youngblood
2000 Light Years Away
Hitchin» a Ride
When I Come Around
Burnout
Waiting
Nuclear Family
Minority
Are We the Waiting
St. Jimmy
Knowledge (Operation Ivy cover)
Basket Case
She
King for a Day
Oh Danny Boy/ Careless Whisper / Shout / Always Look on the Bright Side of Life / (I Can’t Get No) Satisfaction/ Hey Jude
Still Breathing
Forever Now
Rappel 1
American Idiot
Jesus of Suburbia
Rappel 2
Ordinary World (Billie Joe Armstrong à la guitare acoustique)
Good Riddance (Time of Your Life) (Billie Joe Armstrong à la guitare acoustique)