Mogwai @ Théâtre Corona, 06.12.2017

VOUS AVEZ DIT DARK-SYNTH?

En ce mercredi 6 décembre, l’artiste électronique Xander Harris devait convaincre le Corona remplit d’amateur de post-rock. Le public est timide entre les chansons et particulièrement bruyant pendant. Les séquences de l’artiste sont beaucoup trop fortes et ça prendra plusieurs pièces pour que la balance sonore fasse un peu sens. De prime abord un artiste solo n’a pas nécessairement moins de talents artistiques qu’un groupe complet, mais inévitablement, en spectacle nous sommes devant un objet statique. Certaines pièces, pas nécessairement mauvaises sont passées inaperçues dans le tourbillon sonore des séquences mal-ajustées. D’autres pièces m’ont semblé tout à fait sans intérêt, d’une autre époque, presque 40 ans. Des progressions simplistes à souhait, des sons sortis tout droit du générique de Stranger Thing, et des rythmes que j’aurais envie de qualifier de naïf. Pourtant j’adore Joy Division, Depeche Mode, The Cure et toute l’époque Post-punk/Dark -wave. Ici, on tente de nous faire avaler que le kitsch est redevenu sérieux. Non, nous sommes juste devant le kitsch de mauvais goût, il n’y a pas de deuxième degré. Tout ce brouhaha électronique, et la seule idée qui me venait en tête pour comparer la musique que j’entendais c’est Ray Parker Jr. et son plus grand succès Ghostbuster. Il manque tout de même à Xander Harris le fameux refrain accrocheur de Parker pour avoir une seule chanson qui puisse vraiment en valoir le détour. Il ne semble pas avoir réussi à convaincre beaucoup de monde. Mon opinion aurait été moins dure si j’avais vu son spectacle dans un loft de l’est de la ville après un rave qui aurait mal tourné.

VOUS AVEZ DIT MOGWAI!?!

Qu’on me lance des pierres. Je n’ai jamais particulièrement apprécié la musique de Mogwai qui pourtant fait figure de royauté parmi la scène élargie du Post-rock. Cette scène que j’adore et admire dont l’apogée est apparu vers la fin des années 90 a vu naître, à mon sens, une panoplie de groupes surfant sur la vague sans réellement apporter quelque chose de neuf. Ça a toujours été mon opinion sur ce groupe, mais je sais que je me trompe. Malgré les efforts, j’ai toujours voulu les aimer, mais j’en suis incapable. Leur présence si fréquente à Montréal me prouve de toute façon que j’ai tort, j’ai l’impression qu’il y a toujours un concert de Mogwai qui approche. Ça doit faire 10 ans que j’ai ce feeling. Leur musique m’a toujours semblé un peu trop mielleuse et conventionnelle. Pas que ce soit mauvais, au contraire, peut-être que c’est trop bon, trop propre, trop bien structuré, en d’autres mots, sans surprise. J’aimerais être plus débalancé, être choqué et brusque, mais ça n’arrive pas. Pas plus sur album que lors du concert. Les progressions ne mènent parfois à pas grand-chose. On fait le voyage, c’est court, ce n’est pas désagréable, les couleurs sont jolies, la route est belle, la température tout à fait respectable, mais on s’arrête au centre-ville de Plattsburgh. En somme, c’était quand même un concert et une performance que l’on peut considérer comme impeccables, mais je me demande à quoi ça sert.

Texte: David Atman